Rechercher dans ce blog

jeudi 3 octobre 2013

Joli texte sur la maladie d'Alzheimer



Si je pouvais te dire ... sans ma maladie d'alzheimer !
Si je pouvais te dire ma peine quand je sens ton angoisse, que tes yeux te trahissent malgré toi, quand je déçois ton espoir de me retrouver (puisque tu as perdu une partie de moi).

Non, je ne suis plus la même.

Je me suis perdue aussi et je me cherche en vain.

Si je pouvais te dire combien, à certains moments, je m'ennuie de moi !

Mais rassures-toi, j'oublie aussi très vite ces moments de tristesse, qui émergent le plus souvent à la tombée du jour.

Serait-ce qu'au fond de ma mémoire ancienne je revivrais inconsciemment le souvenir de ton retour de l'école avec un ange collé dans ton cahier ou un genou écorché ?

Ou encore, peut être l'heure où ton père revenait de travailler, le journal sous le bras, fatigué mais content de nous retrouver ensemble autour de la table.

Tu te souviens de mon rôti de lard qu'il aimait tant, et de l'odeur rassurante qui embaumait notre maison ? Mmmmm ... il me semble que je mangerais de la graisse de rôti ...

Si je pouvais te dire le plaisir que tu me fais quand tu poses ton chat sur mes genoux.

C'est chaud, c'est doux : il ronronne comme "gros minou" qui s'installait parmi mes pelotes de laine, quand je savais encore tricoter ...

As-tu encore la fameuse photo... Je ne sais plus jouer du pianomais j'aime encore beaucoup entendre de la musique.

Je retrouve même parfois les mots de mes anciennes chansons préférées, mais ne me demande surtout pas de les chanter devant les autres parce que, si à ce moment-là j'en oubliais la moitié, j'aurais peut être l'impression de subir un échec ... un de plus !

Si je pouvais te dire d'essayer de me prendre, sans trop de chagrin, pour ce que je suis devenue, c'est à dire une personne différente, mais une personne encore capable d'aimer,de rire à ses heures, de goûter, de sentir, de ressentir.

Une personne qui aime encore les caresses, qui aime qu'on la touche.

Tu sais, quand tu me masses les mains, le dos, les pieds, quand tu appliques du vernis sur mes ongles (même si je le gratte peu de temps après), quand tu brosses mes cheveux, je vis des minutes privilégiées que j'oublierai peu après, mais chacune de ces petites douceurs me rassurent et me font plaisir.

Si je pouvais te dire de prendre soin de toi comme tu le fais pour moi (c'est peut être pour ça que je t'appelle parfois maman), tu dois te protéger.

Je ne te demande pas de m'oublier, tu en serais incapable et moi aussi, mais laisse-toi aider, partages avec d'autres les corvées que je t'impose, bien malgré moi, et tu seras ainsi en mesure de veiller sur moi plus longtemps sans aller au bout de tes forces.

(tu vois, je suis toujours aussi coquine !)

Si je pouvais te dire combien je t'aime, mais les mots se bousculent dans ma tête, ils semblent faire des culbutes et sortent parfois de façon très drôle.

Tu peux rire de ces fantaisies, ça ne m'offusque pas et ça fait du bien de réaliser que tout n'est pas que triste dans mon état.

Ce que je peux te dire c'est de regarder les petites étoiles qui scintillent dans mes yeux quand tu t'approches de moi et tu sauras que, même si j'oublie parfois ton nom, mon coeur, lui, ne fait pas ... d'Alzheimer " !!!

(auteure : Gisèle St-Hilaire)

Nirvana Santé
http://nirvana-sante.blogspot.com


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire